Découvrez l’album photos de la Manufacture avant les travaux de l’Espace des sciences de Morlaix (2018)
© Pascal Léopold
Nichée au cœur de la ville de Morlaix, la Manu déploie ses façades séculaires, témoins silencieux d’une histoire industrielle passionnante. Érigée au XVIIIe siècle, cette ancienne Manufacture des tabacs a traversé les siècles, passant de son apogée industrielle à une reconversion ambitieuse, alliant préservation du patrimoine et innovation.
Perpétuer son héritage historique dans une dynamique contemporaine
La Manufacture des Tabacs de Morlaix incarne un précieux héritage historique, témoin de l’essor industriel de la région bretonne en plein siècle des Lumières. Construite entre 1736 et 1740 selon les plans de l’architecte Jean-François Blondel, elle fut le fleuron de l’industrie du tabac pendant des décennies. À son apogée, elle employait environ 1 800 personnes, façonnant le quotidien de la ville et de ses habitants. Mais avec le déclin de l’industrie du tabac au cours du XXe siècle, la Manufacture déclina lentement jusqu’à sa fermeture en 2004, marquant la fin d’une ère.
Pourtant, loin de sombrer dans l’oubli, la Manufacture des tabacs de Morlaix a été réhabilitée avec ambition. Protégée au titre des Monuments Historiques en 2001, avant même sa fermeture, le site offre un fort potentiel de reconversion. Sous l’impulsion de Morlaix Communauté, le site a été réaménagé pour offrir une nouvelle vie à ce patrimoine emblématique.
L’Espace des sciences, au cœur de la Manu : le dialogue des sciences et de l’industrie
L’Espace des sciences, association créée à Rennes en 1984, est un acteur majeur de la médiation scientifique à destination du grand public et du public scolaire, sur le territoire breton et au-delà.
En 2013, le projet scientifique et culturel imaginé par l’Espace des sciences pour la Manufacture de tabacs de Morlaix, est lauréat des Investissements d’Avenir de l’ANRU. L’année suivante, le magazine des anciens élèves de Polytechnique qualifie ce projet d’innovant et unique, mettant en avant sa valorisation de la culture industrielle en intégrant son histoire, ses évolutions technologiques, et ses dimensions humaines et sociales (article disponible, ici).
Le chantier est confié aux architectes d’Opus 5, spécialisés dans la restauration de sites patrimoniaux. L’agence masKarade est sélectionnée pour la scénographie, avec Laurence Chabot, muséographe et conceptrice multimédia, qui accompagnera les équipes tout au long du projet.
Le 2 juillet 2024, l’Espace des sciences ouvre ses portes à la Manu. Des anciennes machines restaurées aux diverses expositions scientifiques, ce lieu unique perpétue ainsi l’esprit d’innovation propre à la Manu.
La majesté de l’architecture industrielle à Morlaix réside dans ses lignes qui témoignent du mariage harmonieux entre fonctionnalité et esthétique, où chaque poutre et chaque colonne racontent l’histoire de l’ingéniosité humaine.
Paul Smith, Secrétaire général du CILAC (Comité d’Information et de Liaison pour l’Archéologie, l’Étude et la Mise en Valeur du Patrimoine industriel), membre du Comité Scientifique de l’Espace des sciences de Morlaix.
Des initiatives nouvelles mettent en lumière la relation féconde entre une approche patrimoniale et le développement d’activités de culture scientifique et technique pour tous les publics ; citons l’Espace des sciences dans l’ancienne Manufacture des tabacs de Morlaix.
Dominique Ferriot, professeure des universités, ancienne directrice du musée des Arts et Métiers, membre du Comité scientifique de l’Espace des sciences de Morlaix.
.
XVIIIe siècle

Au cœur du XVIIIe siècle, la Manufacture des tabacs de Morlaix surgit comme un bastion de l’industrie émergente du tabac en France.
Fondée entre 1736 et 1740 sur ordre du rou Louis XV, ses imposantes structures conçues par Jean-François Blondel symbolisent le début d’une ère industrielle. Spécialisée dans la production de tabac à priser, à mâcher et à chiquer, elle devient rapidement un pilier économique de la région, dynamisant la ville de Morlaix et son port animé.
La Manufacture attire des centaines d’ouvriers, témoignant de la demande croissante pour le tabac.


